…« L’écriture, c'est une matière vivante pour nourrir la scène, et aussi une main tendue… »
Romans, nouvelles, pièces, chansons… Cela nourrit les spectacles. Il y a aussi le plaisir de lire seul ou d’écouter un texte en compagnie d’amateurs éclairés ou non. Je garde de vrais bons souvenirs du Festival d’Avignon où je me rends chaque année.
C’est aussi une main tendue : j’ai essayé tous les genres pour retrouver la sensation éprouvée quand je lisais et que je voyais, là, devant moi, en quelques lignes écrit quelque chose que je n’arrivais pas à formuler ou qui n’était pas encore dans mon conscient.
L’état de violence contenue se libérait d’elle-même et me libérait en même temps.
C’est certainement trop intime d’énumérer les textes qui m’ont fait vibrer, et je ne désire pas le faire, mais je peux dire que mon premier baume, mon premier vertige, c’était « l’étranger » de Camus.
J’aurais souhaité que ce livre ne s’arrête jamais.
Il y en a eu beaucoup d’autres depuis cette lecture de mes 13 ans.
Alors si dans ce que je propose il se trouve un texte, une ligne, un mot qui engage la sensibilité d’une personne, cela veut dire que je travaille à l’espérance humaine - « que j’apporte à la création du huitième jour… » comme le dit Antonine Maillet.
Et puis j’écris aussi pour raconter les gens tout simplement.
A ma toute petite échelle, très, très modestement comme le faisaient un Flaubert ou un Maupassant à leur époque.